Infertilité : un couple sur quatre rencontre des problèmes de conception en France

Un rapport dévoile les chiffres de l’infertilité en France et ses principales causes. Les auteurs dévoilent de nombreuses mesures pour lutter contre ce phénomène dans l’objectif de mettre en place une stratégie nationale.
Un rapport dévoile des données sur l’infertilité en France et ses principales causes. Les auteurs révèlent un certain nombre de mesures pour lutter contre ce phénomène dans le but de développer une stratégie nationale. Lundi 21 février 2022, le Pr Samir Hamamah, chef du service de biologie de la reproduction au CHU de Montpellier, et Salomé Berlioux, présidente de l’association Chemins d’avenir, ont présenté un rapport sur les causes de l’infertilité en France.
Il a été produit à la demande du ministre de la Santé Olivier Whelan et du secrétaire d’État à l’Enfance et à la Famille Adrian Tackett et est le résultat d’une enquête de quatre mois. Alors qu’environ 3,3 millions d’hommes et de femmes connaissent des problèmes de fertilité, un couple sur quatre ne parvient pas à concevoir après un an d’essais d’avoir un bébé, et 3,4 % des enfants français naissent aujourd’hui. Aujourd’hui, grâce à la Procréation Médicale Assistée (PMA), il découvre les principales raisons de ce phénomène et propose des moyens de le combattre.

Les problèmes d’infertilité en hausse en France

Les auteurs du rapport notent que l’incidence des problèmes de fertilité augmente « de manière particulièrement inquiétante surtout au cours des 20 dernières années ». Le problème, c’est qu’ils sont toujours pris en charge par les 103 centres de l’Aide médicale à la fertilité, qui « exercent de manière décentralisée ». De plus, l’intervention d’un spécialiste ne mène pas toujours à un enfant. Ainsi, lors de tentatives de fécondation in vitro (FIV), d’insémination artificielle ou d’autres méthodes, il y a 20 % de chances de succès.

Quelles sont les causes de l’infertilité ?

« L’infertilité a des causes individuelles, collectives, environnementales et socio-médicales » qui s’accumulent parfois, précise le rapport. Dans le premier cas, les femmes peuvent avoir des « causes mécaniques » comme l’endométriose ou hormonales comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Chez l’homme, « l’infertilité peut être à terme endocrinienne ou testiculaire, ou liée à des lésions des voies génitales. La cause la plus fréquente est la varicocèle ». Pour des raisons environnementales, le rapport mentionne spécifiquement les polluants et les perturbateurs endocriniens, mais aussi le mode de vie : consommation de tabac et/ou de marijuana, obésité ou encore troubles alimentaires.
Les causes sociales de l’infertilité sont principalement liées à l’âge de conception. Le rapport montre que l’âge à la maternité a augmenté de 5 ans en 40 ans, les Françaises donnant naissance à leur premier enfant en moyenne à 29 ans en 2019, mais le taux de fécondité baisse progressivement depuis l’âge de 30 ans. Les hommes ne sont pas épargnés non plus, mais ont plus de temps, avec un risque « modéré » d’infertilité à 40 ans et d’infertilité « complète » à 50 ans. Reste enfin le problème des troubles inexpliqués de la fertilité. Ainsi, « 20 à 30 % des infertilités sont inexpliquées et augmentent avec l’âge ».

Un plan de lutte contre l’infertilité

Les auteurs du rapport émettent des recommandations pour lutter contre l’infertilité, qu’Olivier Véran souhaite transformer « en une stratégie de lutte contre toutes les causes d’infertilité pour le printemps 2022 », indique un communiqué de son ministère. Un point important aux yeux du Pr Hamamah et de Salomé Berlioux : cela reste un sujet tabou car il « touche à l’intimité ». Pourtant, ils rappellent que ce n’est pas « une simple histoire de bonne femme ». Au contraire, cela « pose des défis inédits »« bouscule le rythme des entreprises », a des « conséquences en matière d’égalité des sexes » et « met en jeu les grands équilibres démographiques et par conséquent les équilibres sociaux, économiques et géostratégiques ». Pour eux, donc, « peu de sujets ont autant d’implications, à la fois individuelles et collectives, dans la société française ».

Le rapport dresse donc six axes pour lutter contre l’infertilité en France : informer collectivement, informer individuellement, former les professionnels, améliorer le dépistage des causes, créer une stratégie nationale et coordonner la recherche. Le premier est d’éduquer et d’informer, par exemple en informant les adolescents des facteurs d’altération de la fertilité, en faisant plus de prévention et en créant « une journée institutionnelle française de sensibilisation à la fertilité et à la santé reproductive ». Autre point important, les auteurs demandent la création d’un Institut national de la fertilité, qui aurait pour rôle de coordonner et de favoriser la recherche, mais aussi la prévention et la prise en charge.